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 Il y a à peine quelques jours, l’équipe de Wallonie Design a rendu, aux institutions, son rapport Pour une restructuration de la filière textile intersectorielle en Wallonie. Il est le fruit d’un travail minutieux de clarification et de structuration, qui a réuni des acteurs grâce au travail conjoint de chercheurs et d’acteurs de terrain. Le projet Filière Textile Intersectorielle (FiT’IN) a non seulement permis de repérer les synergies entre ces derniers, mais il a aussi créé une dynamique commune de développement et de soutien à l’ensemble de la filière. Rencontre avec Fanny Van hammée et Marie Beguin, Chargées de projet Texlab, qui ont fait partie de l’équipe FiT’IN.


 

A propos de Marie et Fanny

Depuis fin 2019, Marie et Fanny accueillent des porteurs de projets textiles au Texlab. Leur rôle est de les accompagner dans le développement de leur projet et de prototyper sur l’une des nombreuses machines à disposition (métier à tisser, brodeuse, machines à coudre, découpeuse numérique, presse …)

www.texlabliege.be

Elles ont intégré le projet FiT’IN avec Julie Toby et Cyrielle Doutrewe. Wallonie Design était le chef de file de ce projet et a réuni un consortium mixte avec le Texlab, deux départements de recherche de l’Université de Liège, le Lentic et Inter’act, ainsi que de trois fédérations sectorielles, Fedustria (textile, bois et ameublement), Creamoda (mode et confection) et BeCraft (arts appliqués).

 

Pouvez-vous nous rappeler le constat de départ qui a mené au projet FiT’IN ?

Marie : Nous accueillons énormément de porteurs de projets textiles au Texlab et au fil de nos rencontres avec eux, Fanny et moi avons compris qu’il existait chez eux une réelle demande de produire localement, mais qu’ils manquaient de connaissances dans ce qui existait, ce qu’il était possible de faire…

Fanny : Or avec la délocalisation des entreprises textiles, il manque des chaînons dans la production locale. Grâce à notre regard plus extérieur sur le secteur textile, nous avons souhaité étudier celui-ci et vérifier nos intuitions. Et, timing parfait, St’Art lançait un appel à projet Rayonnement Wallonie pour la structuration d’une filière !

 

Dans quel état d’esprit était alors l’équipe par rapport à cette thématique ?

Fanny : Grâce à notre regard externe mais aussi notre mission de veille, nous avions à vue beaucoup d’éléments, d’initiatives, des modèles inspirants comme on peut en voir en France et aux Pays-Bas notamment… Il est important de souligner que nous n’avons pas voulu dupliquer un modèle préexistant, chaque région possède ses spécificités. Nous avons en Wallonie un terreau riche – de par son passé et ses initiatives actuelles. Notre but a été de créer des connexions entre les éléments de cette base fragmentée, en identifiant aussi les freins et des pistes de solutions concrètes. Cette perspective était très motivante pour notre équipe !

 

Ce projet a réuni beaucoup d’acteurs, invités à participer par Wallonie Design. Dites-nous comment ceux-ci ont réagi à l’invitation ?

Marie : Nous avions quelques craintes quant à leur réaction car notre démarche pouvait paraître “abstraite”, chronophage (or ils n’avaient pas forcément le temps) et demandant une relation de confiance (alors qu’on ne se connaissait pas). Au final, nous avons été agréablement surprises de leur accueil et leur engouement. Ils avaient aussi de grandes attentes quant à ce projet, ce qui montre bien de réels besoins de leur part, notamment de soutien de la part de l’institutionnel. Aussi, je dois souligner la diversité énorme des profils de ces acteurs, qui avaient des besoins et des réalités parfois divergentes.

 

Quels ont été les moments les plus marquants au cours de ce projet ?

Fanny : Qui dit diversité de profils dit challenge de faire converger les attentes et les besoins. Grâce à la méthodologie du Lentic et Interact, le déroulement du projet a été fluide et efficace, suivant un certain fil conducteur.

Marie : Lors de l’évènement “Rencontres Textiles” du 29 juin chez BeCraft, Denise Biernaux a proposé une visite guidée de l’exposition Textilités dont elle était la commissaire. Cette entrée en matière a intégré la dimension artistique du textile au lancement du projet FiT’In. Cela a permis à des acteurs de pôles très différents (industriel, institutionnel, économique, artistique, de la formation) d’échanger et de remettre au centre leur passion commune pour le textile dans un contexte très inspirant.

Fanny : Avec ce projet, on a le sentiment d’être dans un tournant important et on voit un cercle vertueux s’enclencher : les différents chaînons (de l’agriculteur au porteur de projet textile en passant par le tisseur ou le futur étudiant en stylisme) sont inter-reliés et vont se renforcer mutuellement pour créer la filière de demain.

 

Qu’est-ce que ça vous donne envie de faire pour la suite ?

Fanny : Nous avons la belle utopie d’un pôle d’activité textile wallon, où on y retrouverait de la recherche, de la formation, de la sauvegarde de savoir-faire, de la production (prototypage, petites, moyennes et grandes séries), de l’économie réfléchie sur les business models, de la vente (digitale et physique)… Bref, cette sorte d’énorme maison textile est encore imaginaire… mais cela peut déjà se réaliser dans une forme abstraite comme un mouvement commun, un réseau qui échange, qui cherche des solutions, qui s’allie au politique…

 

Et quels sont les projets que l’on pourrait déjà mettre en œuvre dès demain, ou presque ?

Marie : Nous aimerions, par exemple, intégrer d’autres programmes de financement pour aider les acteurs à co-construire l’avenir du textile en Wallonie, mais aussi travailler sur la sensibilisation des consommateurs. Dans le rapport FiT’In, nous avons proposé une kyrielle de pistes de recommandations tournant autour des plusieurs axes thématiques. Elles sont très concrètes et permettront, nous l’espérons, d’inspirer les acteurs pour initier de nouveaux projets ! Nous avons hâte d’avoir des retours et de découvrir ces projets à l’avenir.

 

 

Si vous souhaitez télécharger ce rapport :

 

Nous souhaitons remercier chaleureusement tous nos partenaires et tous les participant·es à ce projet pour leur implication dans ce projet !

 

Pour tout contact :
fanny.vanhammee@walloniedesign.be
marie.beguin@walloniedesign.be

 


Ce projet a été mis en œuvre avec le soutien financier de la bourse Rayonnement Wallonie,
initiative du Gouvernement Wallon, opérée par St’art sa.

 

 

 

 

 


 

Article rédigé par Cécilia Rigaux,
avec le soutien du Fonds européen de développement régional.