L’AWEX est la première institution publique de Wallonie à avoir compris l’importance du recours au design, notamment dans le développement à l’international. Depuis près de deux décennies, son département Wallonie-Bruxelles Design Mode siège au conseil d’administration de Wallonie Design, représenté par sa coordinatrice, Laure Capitani, que nous avons interviewée ce mois-ci.

Laure Capitani a commencé sa carrière à l’AWEX en 2002 pour gérer les programmes de formations et a repris en 2007 la coordination de Wallonie-Bruxelles Design Mode (WBDM) un an après sa création.
WBDM est un département commun à l’AWEX (Agence Wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers), WBI (Wallonie-Bruxelles International) et au Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il travaille sur deux grands volets : d’une part le soutien au développement international des entreprises de mode et de design au travers de présences collectives à des salons à l’étranger sous le nom Belgium is Design, d’aides individuelles et de rencontres professionnelles entre opérateurs internationaux et belges ; et d’autre part, la promotion de ces secteurs à l’international, notamment vis-à-vis de la presse.
Laure Capitani représente également WBDM au Bureau of European Design Associations (BEDA)et à l’European Fashion Alliance (EFA).
Pouvez-vous expliquer votre implication dans le conseil d’administration de Wallonie Design ?
Je représente Wallonie-Bruxelles Design Mode dont la mission est le soutien à l’internationalisation des professionnel·les de design et de mode (niveau micro), et la promotion et l’image de ces secteurs (macro).
Grâce à mon implication complémentaire au BEDA, association européenne de promotion de l’intégration du design, je peux faire beaucoup de liens et à différents niveaux. Je peux positionner les services et les compétences de Wallonie Design auprès de collègues, de partenaires ou d’homologues, et inversement. Cela me permet également de défendre les secteurs grâce à une vision cohérente de l’écosystème.
Aussi, l’une des missions de Wallonie Design est de coordonner les initiatives de soutien au design en Wallonie. Au début, ces organismes constituaient le conseil d’administration. Au fil des années, ils ont fait place à des représentant·es d’entreprises ou de fédérations d’entreprises. Mais le CA a souhaité une personne représentant ces organismes et c’est moi qui assure ce rôle.
Wallonie-Bruxelles Design Mode et Wallonie Design, deux noms assez proches qui peuvent parfois créer l’amalgame. Pouvez-vous nous dire ce qui rapproche et ce qui différencie nos deux structures ?
Wallonie-Bruxelles Design Mode a été créé sur le modèle d’autres agences dédiées aux industries culturelles et créatives comme Wallonie-Bruxelles Images, Wallonie-Bruxelles Musiques, Wallonie-Bruxelles Théâtre-Danse, Wallonie-Bruxelles Architectures… Donc notre nom a découlé de ce schéma. Il est vrai qu’il est similaire à celui de Wallonie Design et je comprends que le public puisse nous confondre. Ce qui rapproche nos deux structures, ce sont nos équipes au service du design et des entreprises. Et ce qui nous différencie, ce sont nos missions respectives : Wallonie Design s’occupe de l’intégration du design dans les entreprises et les institutions ; WBDM s’attèle à la promotion à l’international des professionnel·les du design et de la mode. Nous sommes assez complémentaires au final.
Votre vision du design et de votre travail ?
Cela fait 18 ans que je travaille chez WBDM et nous avons encore beaucoup de travail à faire sur la compréhension du design, encore vu comme un aspect esthétique alors qu’il s’agit d’une approche globale – qui est essentielle à mes yeux.
Nous devons continuer à soutenir les créateurs et créatrices qui ont des pratiques à petite ou moyenne échelle, car ils et elles sont à l’origine de démarches et propositions qui tendent à plus de durabilité, plus d’audace, à encourager une autre manière de consommer… Ce qui, par la suite, peut influencer ou intégrer le niveau industriel… Cet effet d’entraînement est perceptible auprès du secteur de la mode et du design mais il touche aussi d’autres secteurs, et même l’ensemble de l’économie.
Ces initiatives sont le fruit d’un travail de passionné·es et les soutenir relève d’une mission d’ordre public afin de contrer la logique marchande omniprésente tout en créant de nouvelles sources de valeur.
Que conseilleriez-vous aux designers qui nous lisent en portant cette double casquette, coordinatrice de WBDM et administratrice de Wallonie Design ?
La question de la formation me semble très importante. Les designers ont besoin d’élargir leur pratique et de se mettre à la page des nouvelles thématiques incontournables, comme par exemple celle du design pour l’économie circulaire. Cela demande d’ouvrir ses horizons et d’être à l’écoute des nouvelles méthodes.
En savoir plus ?
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