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À la suite de ses études en design textile à la Cambre, Tamara Louis s’est spécialisée en sérigraphie, et plus particulièrement dans le procédé d’impression sérigraphique du cadre plat, dit « sérigraphie à la lyonnaise ». Cette technique d’impression peu utilisée en Wallonie permet de faire du métrage et d’apposer le/les motif.s à l’endroit souhaité grâce à la mobilité du cadre, et non de la pièce de tissu.

En 2007, elle crée son atelier à Namur qu’elle déplace ensuite dans la campagne de Biesme. Ce lieu calme et retiré renforce la réflexion et l’observation dans sa pratique quotidienne.

 

Un atelier où explorer le champ des possibles

« Depuis le début, mon souhait est de créer un atelier au service des personnes qui ne trouvent pas les solutions qu’ils recherchent dans l’industrie textile ».

Tamara Louis met son expertise au service de projets variés. Véritable laboratoire, son atelier permet de tester et de travailler les matières (que ce soit du textile, du papier, du carton ou du bois) ; les couleurs (par une application qui cherche à être respectueuse de l’environnement) ; et les dessins (qu’ils soient réalisés à la main ou de manière digitale).

 

Dialoguer et hiérarchiser les besoins

Ses clients la sollicitent avec des demandes parfois très spécifiques comme par exemple celles de développer une gamme de couleurs pour un produit, de trouver le bon effet matière, ou encore de reproduire le même motif à un endroit identique sur chaque pièce,…

Afin de répondre au mieux aux attentes de ses clients, Tamara privilégie le dialogue et la hiérarchisation des besoins.

« Le dialogue est primordial. Il est essentiel de savoir ce qui est le plus important pour le client avant d’entamer une collaboration : est-ce le prix, la production écologique, le fait que le projet doit devenir industrialisable… ? »

Une fois que le besoin a été analysé et compris, Tamara s’engage alors dans une phase de recherches et de tests pour arriver à une solution qui fera le lien entre deux univers : celui du client qui a une idée en tête, et le sien qui s’appuie sur un savoir-faire technique. L’objectif étant de trouver un compromis entre l’idée du client et les impératifs techniques liés au procédé d’impression qu’est la sérigraphie.

Souvent fidèles, ses clients sont principalement issus des secteurs de la mode (notamment Carine Gilson et Valentine Donck), de la décoration et de l’ameublement. Mais Tamara met également ses compétences au service d’institutions culturelles ou entreprises économiques telles que le Delta Namur, la CEC ou encore le BEP Namur. Enfin, elle collabore aussi parfois avec des artistes qui viennent chercher ses conseils et challenger les limites des techniques et matériaux.

 

Prestataire et auteur

Tamara travaille également sur des projets personnels liés à l’ameublement. Actuellement, elle développe un projet d’upcycling intitulé « Usure » qui valorise la récupération de tissus en fin de série (souvent considérés comme rebuts).

Soucieuse de travailler avec des matières locales, elle utilise le lin, sa matière de prédilection directement issue de la culture textile belge.

« Malgré le fait que je travaille dans une industrie très polluante, j’ai une conscience et une démarche écologique. Ce projet est aussi une réflexion qui consiste à s’interroger jusqu’où l’usure est tolérée. Au premier lavage, les couleurs vont dégorger, s’atténuer, pour laisser entrevoir les mailles du tissu. L’objectif est d’expliquer aux gens que l’usure est quelque chose qui fait partie de la vie d’une pièce. Le lin prend vie parce qu’il est chiffonné, parce qu’il n’est pas parfait. »

Photos : © Bettina Genten