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Projet Résonances - recherche et développement

Cristal et design produit

Nous l’exprimions dans notre précédent article : l’importance des métiers d’art et des savoir-faire traditionnels pour le design et l’innovation devient de plus en plus visible et ce, partout dans le monde. La contribution de ces métiers est effectivement bien supérieure à l’unique production d’objet, ce sont de véritables laboratoires source d'idées et de solutions pour la création.

En mêlant collaboration et expérimentation, le projet Résonances veut encourager les rencontres entre artisans d’art et designers pour démontrer la valeur contemporaine des métiers d’art et l’apport du design comme outil au service du changement.

Résonances a vu le jour en 2017 dans le cadre d’une initiative confiée à Wallonie Design concernant la valorisation des métiers d’art en Wallonie. L’objectif de ce projet est de créer un dialogue entre les disciplines autour de l’usage et de l'appropriation des savoir-faire traditionnels au 21ème siècle.

Avec l’expertise de Giovanna Massoni, consultante en design, nous avons composé deux projets de collaboration :

Le Centre de la Dentelle et des Métiers d'Art de Binche et Coralie Miessen, designer textile

> La Cristallerie du Val Saint Lambert et Annick Schotte, designer produit. 

Dans cet article nous vous parlons de la collaboration d’Annick Schotte, designer produit avec Michel Bouckellyoen, tailleur, et Alain Hack, polisseur de la Cristallerie du Val Saint-Lambert.

La cristallerie du Val Saint‑Lambert

C’est en 1826 que la Cristallerie du Val Saint-Lambert prend ses quartiers à Seraing. Sa renommée va très vite dépasser nos frontières et sa production envahir le monde. A la fin du 19ème siècle ce sont « 5000 collaborateurs qui fabriquent chaque jour 120.000 créations uniques en cristal. »  Aujourd’hui, l’entreprise compte 12 employés qui perpétuent les savoir-faire si particuliers liés à ce matériau.

La particularité du cristal, à la différence du verre, est qu’il contient de l’oxyde de plomb ce qui augmente sa transparence et son indice de réfraction. Lorsque le cristal est taillé le rayonnement de la lumière se voit ainsi démultiplié. Le plomb rend également les objets plus lourds et difficiles à travailler ce qui complexifie le travail de l’artisan. « En tant que designer, j'ai toujours cherché, par l’expérimentation personnelle, à rencontrer et ainsi apprivoiser une matière. J’ai donc saisi avec grand intérêt l'occasion qui m'a été offerte de partager le savoir-faire d’un maître tailleur du Val : appréhender le cristal, un matériau prestigieux de notre patrimoine, constitue une expérience unique. »

Annick Schotte a, dans un premier temps, mené une réflexion sur l’usage d’un objet en cristal : « Dans mon histoire personnelle et familiale, les créations du Val sont des pièces d'exception que l’on dispose, intouchables, en milieu de table, ou que l’on extrait des armoires aux grands occasions.  Mon intention est de concevoir une pièce, voire une collection, vivante et présente dans l’espace quotidien. L’idée de décliner, pour le Val, le thème du miroir m’est très vite venue à l’esprit : ce sujet d’étude me permet de valoriser à la fois l’excellence de la taille du Val et l’éclat du cristal. »

     

« Le dessin seul reste sans lumière »

Observer les artisans au travail, étudier comment la matière réagit au contact d’une meule, examiner les collections et le stock… tout cela est riche d’apprentissages pour développer un projet cohérent et qui englobe différents paramètres de la production. 

« Au début, on ne travaille pas, on observe » nous dit la designer. « Arriver avec des dessins et se dire que ça va être bien ne sert à rien avec ce type de savoir-faire. C’est en travaillant avec les artisans que j’ai pu appréhender le matériau et les techniques. Vient ensuite la réflexion du designer pour la mise en œuvre de l’objet, déterminée en partie par le coût de la production ; en effet, celui-ci est tributaire de la réalisation d’un gabarit, puis d’un moule, suivant que la pièce soit soufflée ou coulée, selon le choix des outils adaptés à la taille, ou encore suivant que le polissage s’effectue à la main ou à l’acide, préalablement à la métallisation finale. »   

« La relation s’est installée lentement avec l’équipe. Il faut d’abord apprendre à se connaître, à comprendre comment chacun travail pour pouvoir exprimer ses idées. C’est l’enthousiasme de l’artisan, l’interprétation qu’il va avoir de nos discussions et sa dextérité qui vont illuminer l’objet. Le dessin seul reste sans lumière. » Et à Michel Bouckellyoen d’ajouter « Il n’a pas été facile de comprendre tout de suite ce qu’Annick recherchait mais c’est en travaillant ensemble que j’ai pu déterminer la meule qui conviendrait le mieux au motif et rendu souhaité. Ce qui m’a vraiment plu dans ce projet c’est l’effet du miroir sur la taille. »

Ensemble, ils ont fait des découvertes et ont inventé un nouveau motif dont l’inclinaison de la taille permet de projeter un maximum de lumière.

Le reflet d’un savoir-faire

La taille et le polissage sont des traits caractéristiques de la production du Val Saint-Lambert. La précision du geste, la division en différents biseaux réguliers qui s’entrecroisent pour faire converger des motifs, le jeu des facettes, les différents stades de polissage… sont autant de spécificités qui ont fasciné Annick Schotte.

Différents essais ont été réalisés et ont donné naissance à plusieurs gabarits avec la possibilité de les assembler les uns aux autres. Les éléments réfléchissants de l’objet utilisent le procédé de la métallisation ce qui permet de laisser passer la lumière et ainsi d’amplifier le jeu de réfraction.

     

Le, ou plutôt les résultats, dévoilent un travail où la taille augmente la diffusion de la lumière, ce qui apporte de la légèreté à l’objet. La métallisation, quant à elle, ajoute un effet de kaléidoscope. C'est en changeant son point de vue que l’utilisateur du miroir crée un nouveau décor, ainsi démultiplié.

Pour Annick Schotte, le fil conducteur de cette recherche tisse un lien subtil entre la réflexion de la lumière et le jeu amené par l’utilisateur. Cette étude s'attache à définir comment, grâce à la taille, le miroir gagne un maximum de luminosité naturelle. Puis, grâce aux reflets, étend à l'infini le caractère hypnotique d’une multitude de facettes.

Véronique Closon pour Wallonie design

Photos © Héloïse Rouard

Les deux projets sur lesquels nous avons travaillé cette année mettent en lumière des métiers et savoir-faire propres à notre territoire. Véritables ambassadeurs de notre région, ils contribuent à développer une dynamique territoriale et véhiculent une image d’excellence à l’international. Aujourd’hui, l’enjeu est important car le risque de voir ces métiers disparaître est grand. Incontestablement, le projet Résonances a aussi l’ambition de valoriser et préparer l’avenir de ces métiers grâce au design et à l’intelligence collective.

Au travers de Résonances, nous souhaitons montrer que chaque projet peut retentir et avoir un effet sur l'esprit de l'autre et celui de notre société.

 

Plus d’info :

Annick Schotte - annick.schotte@gmail.com

La Cristallerie du Val Saint-Lambert

Véronique Closon coordinatrice du projet - veronique.closon@walloniedesign.be

 

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